A la douleur du deuil s’ajoute celle de la persécution pour la famille de Sambai Mandavi, une chrétienne de 34 ans décédée le 24 février, rapporte un article du Morning Star du 2 mars. Des villageois dans l’Etat du Chhattisgarh exigent que sa famille se reconvertisse à l’hindouisme pour obtenir le droit d’inhumer son corps dans le village d’Amodi. Ils affirment que l’enterrement et les rites chrétiens «souilleraient» leur terre et offenseraient leurs dieux. Ils ont aussi interdit à son mari, Kamlesh Mandavi, de l’enterrer sur son propre terrain.
Selon la Progressive Christian Alliance (PCA), réseau œcuménique, des villageois ont menacé le jeune veuf de l’agresser physiquement et de détruire ses biens. Ce dernier a déposé une plainte officielle auprès du recteur du district. La PCA, de son côté, appelle à une intervention immédiate de l’Etat pour rétablir le droit.
Des profanations de sépultures
La Cour suprême de l’Inde avait tranché six jours avant le décès de Sambai Mandavi, le 18 février, sur le statut des dépouilles dans le Chhattisgarh en interdisant toute nouvelle exhumation forcée – risque encouru sur le corps de la jeune femme si elle était enterrée malgré tout par ses proches –, le temps que le gouvernement de cet Etat s’explique sur la pratique.
Le Forum chrétien uni pour les droits de l’homme (UCF), ONG indienne, a documenté vingt-trois incidents liés aux enterrements sur l’année 2025, rendus publics à l’occasion d’une conférence de presse le 19 février, rapporte Maktoob Media. L’UCF a présenté la vidéo du corps d’une femme exhumé et a expliqué que les os d’un chrétien enterré depuis plus de vingt ans ont été déterrés, incinérés et dispersés ailleurs.
Le gouvernement local ignore la justice
Pour la PCA, qui estime que la pratique viole la dignité humaine et la liberté de religion, «la persistance de telles menaces montre un mépris flagrant pour les directives judiciaires». De son côté, le porte-parole de l’UCF John Dayal, relayé dans les colonnes du Morning Star, a déclaré que «le silence calculé du gouvernement du Chhattisgarh en dit long» et que lorsque l’Etat «refuse de défendre le droit constitutionnel à l’inhumation, il cautionne de facto la profanation des tombes».
Par ailleurs, observe John Dayal, «personne n’a été poursuivi pour outrage à la cour ou coercition». La requête faite devant la Cour, qui a abouti à la suspension des exhumations, accusait également la police d’encourager des compromis plutôt que de protéger les familles, et d’arrêter des pasteurs après des funérailles chrétiennes.
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